Lorsque la ville s'embrume
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Petit matin d'automne… Un océan de brume s’est en effet déversé dans mon espace de vision quotidien ; le regard cherche des repères pourtant familiers, en vain. Je prends la mesure de l’instant et me projette vers les heures à venir, en les souhaitant inchangées. Une heure plus tard, je suis au cœur de Strasbourg. La nuit s’en est allée. Là-bas, là-haut, le soleil doit être déjà bien présent, mais ici-bas, tout est d’un blanc laiteux. Quelques timides rayons de lumière se cachent dans un halo, mais parviennent cependant à donner du relief à un environnement qui s’extrait de l’humidité ambiante. Les contours des bâtiments, les silhouettes humains s’estompent et en deviennent irréels. Au-dessus de l’eau, l’Ill se marie à la brume ambiante. Je déguste alors ces instants… merveilleusement, intensément… avant qu’un autre décor, bien trop rapidement estompe le précédent. Evocatrice de piège, de danger, parce qu’elle masque nos repères, la brume n’en demeure pas moins une image de douceur et d’harmonie, de celles qui confrontent le contemplatif à l’opacité du visible. Comme chaque jour je mets le nez à la fenêtre, et ce matin, le ciel semble vouloir récompenser mes attentes...