Lorsque la ville s'embrume
Lorsque la ville s'embrume
Petit matin d'automne… Un océan de brume s’est en effet déversé dans mon espace de vision quotidien ; le regard cherche des repères pourtant familiers, en vain. Je prends la mesure de l’instant et me projette vers les heures à venir, en les souhaitant inchangées. Une heure plus tard, je suis au cœur de Strasbourg. La nuit s’en est allée. Là-bas, là-haut, le soleil doit être déjà bien présent, mais ici-bas, tout est d’un blanc laiteux. Quelques timides rayons de lumière se cachent dans un halo, mais parviennent cependant à donner du relief à un environnement qui s’extrait de l’humidité ambiante. Les contours des bâtiments, les silhouettes humains s’estompent et en deviennent irréels. Au-dessus de l’eau, l’Ill se marie à la brume ambiante. Je déguste alors ces instants… merveilleusement, intensément… avant qu’un autre décor, bien trop rapidement estompe le précédent. Evocatrice de piège, de danger, parce qu’elle masque nos repères, la brume n’en demeure pas moins une image de douceur et d’harmonie, de celles qui confrontent le contemplatif à l’opacité du visible. Comme chaque jour je mets le nez à la fenêtre, et ce matin, le ciel semble vouloir récompenser mes attentes...
Fragile et éphémère
Fragile et éphémère
C’était il y a… quelques mois à peine. Un paysage de cristaux sculptés par un orfèvre avait pris possession du ruisseau ou court aujourd’hui une eau limpide. J’ai souvenir de ces instants qui furent d’une belle et rare intensité. Ce jour-là en effet, les reflets étaient plus cristallins, plus chantants, plus évocateurs d’un hiver à mon sens bien trop court. Le froid avait figé la Nature. Les arbres garnis de dentelles blanches rivalisaient d’exubérance avec de plus discrets bouquets de givre, le tout formant une arche majestueuse au-dessus de multiples cascades de glace. Sur place, quelques jours plus tard… plus de dentelles féériques, plus de cristaux étincelants… Rêve, ou réalité ? Ce chef-d’œuvre aurait-il été le fruit de mon imagination ? Dubitatif, je suis alors retourné à mes albums… Soulagé ! Je n’avais pas rêvé, et bien fixé… ces instants figés… Les voici…
Balade hivernale
Balade hivernale
Instants contemplation devant une Nature qui expose ses chefs-d’œuvre. Le vent lime les vagues de neige, le brouillard givre les arbres. Au loin, des nuées de brume hachurent le bleu du ciel, et les derniers rayons d’un timide soleil dévoilent de noirâtres sommets. A leurs pieds, les persistants brouillards de la journée n’auront pas quitté les demeures seigneuriales de Spesbourg et d’Andlau. La Nature, magnifiée de ces vapeurs transparentes, offre un spectacle une fois encore renouvelé dont je ne me lasse pas. Alors oui, j’aime la magie de ces instants… et le vent qui m’emmène là je vais, là où je veux…
Hélicoïdale perspective
Hélicoïdale perspective
Grenoble, 1928… Depuis les années 20, comme dans toutes les grandes agglomérations, le parc automobile a pris une importance considérable. Les immeubles précédemment construits ne permettant plus d’y adjoindre de quoi accueillir de nouveaux véhicules, deux architectes grenoblois vont proposer d’édifier un vaste garage cellulaire hélicoïdal, au sein même d’un îlot d’immeubles de l’hyper centre-ville. La construction en béton armé est assise sur une base elliptique dont la partie centrale est un vaste puits autour duquel s’élève une rampe desservant 252 garages implantés sur quinze demi niveaux. L’originalité de l’édifice est d’être particulièrement discret. Quasi invisible depuis la rue, rien ne permet de supposer la présence d’un tel ouvrage à cet endroit, si ce n’est sa porte d’entrée. De style architectural Art Déco, le Garage Hélocoïdal de Grenoble a fait l’objet d’une inscription au titre des Monuments Historiques en 1989.